François DELARBRE
Les années cinquante, une ferme perdue au fond des bois ; un couple de citadins devenus paysans, en l’occurrence mes parents, s’échinent pour vivoter le moins mal possible et élever leurs deux chenapans.
La Charente qui borde le limousin, si elle conserve aujourd’hui encore quelque effluve du passé, n’a rien à voir avec celle de mon enfance. L’explosion florale du printemps enivrait les insectes pollinisateurs, faisant la joie des oiseaux qui s’en régalaient. Les coquelicots et les bleuets, dans un élan fraternel, partageaient les mêmes terrains que le blé sans que personne n’y trouve à redire.


